17 Aug
17Aug

«Je suis venu apporter un feu sur la terre.» (Lc 12, 49-53) 

Dans l’Évangile de ce dimanche, Jésus nous surprend: il déclare être venu apporter un feu sur la terre. Ce feu est celui de la vérité, de la purification et de la transformation. Il brûle ce qui est faux, éclaire ce qui est caché, et appelle à une vie renouvelée. 

Jésus évoque aussi un baptême qu’il doit recevoir, faisant une allusion directe à sa passion et à sa mort, passages obligés en vue de sa résurrection. Il confie à ses disciples l’angoisse qui l’habite, bien qu’il accepte librement ce passage. Suivre le Christ, c’est marcher à sa suite, même dans les choix difficiles. 

Son message n’apporte pas une paix superficielle, mais une vérité qui divise. Il annonce que même les familles seront traversées par cette tension: père contre fils, mère contre fille… Car l’Évangile exige un choix clair, qui transforme les vies, quitte à provoquer des ruptures. 

Nous connaissons cette expérience: choisir ce qui nous fait grandir peut nous éloigner de ceux et celles dont les valeurs ne résonnent plus avec les nôtres. La division n’est pas le but, mais la conséquence d’un engagement courageux. 

L’appel de Jésus est limpide: tenir debout dans la tempête, fidèle à sa lumière intérieure, même quand le monde autour de nous vacille.

Illustration: Le souffleur à la pipe (1646). L’œuvre est conservée au Fuji Art Museum de Tokyo. Plusieurs autres versions existent, dont une est conservée au Musée Lorrain de Nancy2. 

Georges de La Tour (1593–1652) est un peintre lorrain du XVIIe siècle, souvent associé au courant du ténébrisme, influencé par Caravage. Il est célèbre pour ses scènes nocturnes éclairées à la bougie, où la lumière devient un langage spirituel. Ses œuvres mêlent réalisme et mysticisme, révélant l’âme humaine dans sa profondeur silencieuse. 

«Le souffleur à la pipe» met en scène un jeune garçon de profil, concentré sur un tison qu’il souffle pour allumer sa pipe. L’arrière-plan est sombre, presque noir, ce qui fait ressortir la lumière chaude du feu. 

La palette de couleurs est réduite, avec des tons de bruns, rouges et dorés. Ce dépouillement accentue le contraste entre ombre et lumière. Le feu devient le cœur visuel de la toile. 

Le souffle évoque l’esprit, la vie, la transformation. Le feu, source de chaleur et de révélation, éclaire le visage, révèle les formes, purifie l’espace. Le silence de la scène invite à la contemplation: c’est une image de l’intimité avec la lumière.

Dans l’Évangile de ce dimanche, Jésus déclare: « Je suis venu apporter un feu sur la terre ». Ce feu est celui de la vérité, de la purification et de la transformation intérieure.

Dans ce contexte, «le souffleur à la pipe» devient une métaphore visuelle de ce feu transformateur. Le jeune homme attise la flamme, comme le croyant attise la lumière intérieure. Le feu révèle le visage, comme la vérité révèle le cœur. Le geste est solitaire et exigeant, comme le choix de suivre le Christ, même au prix de la division.   

Disciples du Christ, ne sommes-nous pas appelés à allumer le feu de la vérité, même dans l’obscurité? Le Christ nous appelle à faire jaillir la lumière, quitte à déranger les ténèbres.

Bon jubilé de l’espérance! 

Claude

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