24 Aug
24Aug

«Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite.» (Lc 13, 22-30)

En route vers Jérusalem, quelqu’un demande à Jésus «Seigneur, n’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés?» C’est une question essentielle, et peut-être secrètement la nôtre aussi. Jésus ne répond pas avec des nombres, mais par une invitation: «Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite», celle qui mène à la vie. Ce chemin n’est pas celui du confort, mais celui de la vérité, de l’humilité et de la fidélité. Il est exigeant, mais ouvert à tous et à toutes.

Trois clés nous sont données pour arriver jusqu'à cette porte et l’ouvrir.

Alléger son cœur. Jésus invite à renoncer à ce qui encombre: peut-être l’orgueil, l’égoïsme ou la superficialité? À chaque personne de voir... et les possibilités sont nombreuses. Ce délestage augmente notre liberté intérieure et aide à suivre le Christ avec fidélité.

Vivre la justice. Il ne suffit pas d’avoir été «proche» de Jésus, d’avoir entendu ses paroles. Ce qui compte, c’est de les incarner: aimer, pardonner, agir avec cohérence entre foi et vie.

Croire que le salut est ouvert à tous et à toutes. «On viendra de l’orient et de l’occident, du nord et du midi» (1ère lecture d’Isaïe) Le Royaume est un festin pour tous les peuples. Dieu rassemble, guérit, accueille. À nous d’abattre les murs qui divisent et de marcher ensemble.

Mais cette route demande un engagement personnel. Qui veut être disciple doit se lever, changer son cœur et transformer sa vie. Cela implique des choix courageux, une foi incarnée, et même une persévérance dans l’épreuve, comme le rappelle la lettre aux Hébreux (2e lecture): «Toute épreuve est une leçon qui nous fortifie et nous guérit».

Illustration: «Paysage d'Auvers après la pluie» ou «Paysage avec carriole et train», huile sur toile de Vincent Van Gogh, 1890. Musée Pouchkine, Moscou. Illustration du domaine public : Wikiart.org.

Peinte à Auvers-sur-Oise quelques semaines avant sa mort, cette œuvre de Van Gogh offre une puissante métaphore du chemin spirituel. Un sentier serpente entre les champs, guidant le regard vers l’horizon où un train traverse le paysage. D’un côté, une charrette tirée par un cheval évoque la lenteur, la tradition et l’enracinement. De l’autre, un train à vapeur renvoie à la vitesse, à la modernité et à l’agitation. Clin d’œil de la métaphore, la charrette et le train se dirigent dans des directions opposées.

Le ciel tourmenté, les couleurs vibrantes et les coups de pinceau nerveux traduisent l’intensité intérieure du peintre. Les tons jaunes, verts et bleus évoquent la fécondité, l’instabilité, la profondeur. Ce chemin solitaire au centre du tableau devient une allégorie du parcours intérieur: étroit, exigeant, mais fécond.

Van Gogh, dans sa quête de lumière au cœur de la souffrance, semble avoir choisi ce chemin. Et l’Évangile de ce dimanche nous invite à faire de même: que l’on soit à bord du train ou de la charrette, ce qui compte, ce sont les choix de vie que nous faisons dans notre quotidien. Apprenons à voyager léger, à vivre la justice, et à croire que tous sont appelés au salut. Le Royaume est un festin ouvert à ceux et celles qui ont choisi la voie étroite, avec foi…

Alors, redressons nos mains, fortifions nos pas, et avançons avec espérance.

Bon jubilé de l’espérance!

Claude

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