Claude Pigeon, prêtre
10 Feb
10Feb

Il arrive que l’on fasse les choses correctement, que l’on respecte les règles, et pourtant que le cœur ne soit plus tout à fait présent.

L’Évangile de ce dimanche nous invite à aller au-delà de l’apparence des gestes pour nous interroger sur ce qui les habite intérieurement.

« Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux.. » (Mt 5, 17-37)

Aujourd’hui, dans l’Évangile, Jésus ne parle pas d’abord de règles à suivre, mais de ce qui se joue au cœur même de nos gestes.

Il ne vient pas abolir la Loi, il vient la conduire à son accomplissement : là où l’intention, le désir et la vérité intérieure comptent autant que l’action visible. 

Cette parole nous touche parce que beaucoup d’entre nous savent ce que c’est : on s’efforce de faire les choses comme il faut, parfois même très bien, et malgré tout l’élan s’épuise, la motivation diminue jusqu’à ce que le cœur n’y soit plus. 

Cette page d’Évangile me rappelle une œuvre célèbre de Johannes Vermeer (1632-1675), La Laitière, peinte vers 1658-1660 et conservée aujourd’hui au Rijksmuseum d’Amsterdam.
On y voit une femme accomplir un geste d’une grande simplicité : verser du lait. Rien de spectaculaire. Rien d’extraordinaire. 

Et pourtant, tout est là.
La lumière qui entre doucement par la fenêtre.
Les couleurs sobres et profondes.
L’attention entière donnée au geste.
Chez Vermeer, ce n’est pas l’action qui est remarquable, mais la manière de la poser.
Le quotidien devient habité. 

L’Évangile d’aujourd’hui dit quelque chose de semblable.
La foi ne se réduit pas à faire ce qu’il faut.
Elle devient vivante lorsque nos gestes sont portés par un cœur vrai, présent, ajusté. 

Alors la question demeure, pour chacun et chacune de nous : derrière chaque geste que je pose au quotidien,
qu’est-ce qui m’habite vraiment ? 

Bonne semaine!

Claude Pigeon, prêtre

Février 2026

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