Claude Pigeon, prêtre
23 Apr
23Apr

Le Christ Bon Pasteur et la porte de la vie

Il arrive que nous cherchions une voix capable de nous guider vraiment.
Pas une voix qui impose.
Pas une voix qui écrase.
Mais une voix qui ouvre un chemin, redonne confiance et conduit vers plus de vie.

L’Évangile du 4e dimanche de Pâques nous présente justement cette image.
Jésus s’y révèle à la fois comme le Bon Pasteur et comme la porte: «Je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé; il pourra entrer et sortir et trouver un pâturage.» (Jean 10, 9) 

Pour accompagner cette parole, l’œuvre du peintre contemporain chinois He Qi offre une image forte et lumineuse du Christ. 

Né en Chine en 1950, He Qi a grandi pendant la Révolution culturelle, à une époque où l’expression religieuse était très limitée. Devenu chrétien à l’âge adulte, il a choisi de représenter l’Évangile dans un langage visuel qui puisse parler à toutes les cultures. Son style mêle l’art moderne, l’inspiration du vitrail et certaines formes propres à la tradition chinoise. 

Dans cette œuvre, le Christ est placé au centre, comme une présence qui relie.
Ses bras ouverts rejoignent des personnes diverses.
Certaines portent la vie.
D’autres semblent fatiguées, blessées ou en attente.
Deux bougies évoquent la prière, la veille intérieure, la lumière qui demeure.
La terre devient comme un espace commun où chacun peut trouver sa place. 

Ce qui frappe surtout, c’est que le Christ n’est pas enfermé dans une seule époque, une seule culture ou un seul décor religieux. Il se tient devant le monde. Il rejoint chaque personne là où elle est rendue.

C’est précisément ce que dit l’Évangile.
Jésus n’est pas seulement un guide parmi d’autres.
Il est celui qui ouvre un passage.
Il est la porte qui mène vers une vie plus large, plus libre, plus habitée.
Il est aussi le pasteur qui connaît ses brebis, les appelle et les conduit sans violence. 

Dans un monde souvent bruyant, confus ou inquiet, cette parole demeure actuelle.
Nous suivons parfois bien des voix: celles de la peur, de la fatigue, du découragement, du paraître ou de la pression. Mais la voix du Christ ne ferme pas l’existence. Elle ouvre. Elle ne vole pas la liberté. Elle conduit vers un espace où l’on peut respirer, avancer et vivre. 

La Bonne Nouvelle de ce dimanche pourrait se résumer ainsi: Le Christ n’enferme pas : il ouvre un passage vers la vie. 

Cette semaine, chacun de nous peut peut-être se demander:
quelle voix me conduit vraiment vers plus de paix, de vérité et de vie?
Et quelle porte ai-je peut-être besoin de laisser s’ouvrir en moi?

Heureux temps pascal!

Claude Pigeon

Commentaires
* L'e-mail ne sera pas publié sur le site web.