Jésur rencontre la Samaritaine: l'eau jaillissante
Au cœur de l’hiver, il arrive qu’une petite chute continue de couler.
La neige est épaisse.
Le froid mordant.
Mais l’eau, elle, ne s’arrête pas.
« Donne-moi à boire. » (Jn 4, 5-42)
Dans l’Évangile, Jésus rencontre une femme au bord d’un puits.
Elle vient à midi, à l’heure la plus chaude.
Pour éviter les regards.
Pour éviter les murmures.
Elle vient chercher de l’eau.
Mais c’est Jésus qui commence par dire :
« Donne-moi à boire. »
Renversement.
Celui qui va offrir l’eau vive commence par demander.
Deux soifs se rencontrent.
La soif d’une femme fatiguée de ses échecs.
Et la soif de Dieu lui-même, qui désire la rejoindre.
Au désert, autrefois, le peuple d’Israël avait soif.
Moïse frappa le rocher.
Et l’eau jaillit.
Là où il n’y avait que pierre, une source surgit.
La Parole de Dieu agit ainsi.
Elle fissure nos duretés intérieures.
Et là où nous pensions être fermés, une source peut jaillir.
L’eau vive que Jésus promet, c’est l’Esprit.
Une présence qui ne supprime pas notre soif,
mais la conduit à sa vraie source.
Peut-être qu’en ce Carême,
nous portons nous aussi une soif que nous n’osons pas nommer.
La soif d’un pardon.
La soif d’être regardé sans masque.
La soif d’une paix plus profonde.
Et si le Christ était déjà là,
discret,
au bord de notre puits ?
À l’Eucharistie, il continue de nous dire :
« Donne-moi à boire. »
Il se fait mendiant de notre cœur
pour devenir source en nous.
Et nous, quelle est la soif la plus vraie qui habite notre cœur ces jours-ci ?