Claude Pigeon, prêtre
03 Feb
03Feb

On nous apprend très tôt à prouver notre valeur : réussir, performer, être visibles pour gravir les échelons sociaux.

Et si, au contraire, notre valeur était déjà là : discrète, fragile parfois, mais réelle ?

L’Évangile de ce dimanche parle d’une lumière qui ne cherche pas à briller, mais qui éclaire vraiment.

« Vous êtes le sel de la terre… vous êtes la lumière du monde. » (Mt 5, 13-16)

Le peintre Georges de La Tour (XVIIᵉ siècle) est passé maître dans l’art de la lumière intérieure. Dans "La Madeleine à la veilleuse", tout est sobriété : une pièce plongée dans l’ombre, un visage recueilli, et une simple flamme qui éclaire sans éblouir.

La lumière ne chasse pas l’obscurité. Elle l’habite. Elle révèle sans faire de bruit.

C’est exactement ce que Jésus dit aujourd’hui.

Il ne demande pas à ses disciples de devenir extraordinaires.

Il leur révèle ce qu’ils sont déjà : sel et lumière, souvent discrets, parfois fragiles, mais essentiels.

La vraie lumière n’est pas celle des projecteurs.

C’est celle d’une présence fidèle, d’un geste humble, d’une vie offerte telle qu’elle est.

Peut-être que l’Évangile nous invite simplement à accueillir ce regard de Dieu qui nous révèle, en profondeur, que nous sommes déjà porteurs et porteuses de lumière. Et que, souvent sans le savoir, nous faisons une différence autour de nous, comme le sel qui révèle la saveur des aliments.

Bon dimanche!

Claude Pigeon, prêtre

Février 2026

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