Une présence qui demeure
Des chapitres de vie,
il nous arrive souvent d’en refermer.
Un départ.
Une relation qui change.
Une étape qui se termine.
Et une question demeure :
qu’est-ce qui va rester ?
« Je ne vous laisserai pas orphelin » (Jn 14, 15-21)
Dans l’Évangile d’aujourd’hui, les disciples vivent un moment de transition.
Jésus parle de départ.
Ils sentent qu’une étape s’achève.
Quelque chose devra changer.
Et au cœur même de cette inquiétude, Jésus leur dit :
« Je ne vous laisserai pas orphelins. »
Certaines choses vont disparaître.
D’autres vont demeurer.
Il faudra apprendre une nouvelle manière d’être en relation avec lui.
Une présence différente.
Moins visible.
Plus intérieure.
Dans nos vies aussi,
nous traversons parfois des passages semblables.
Quitter un lieu.
Voir une relation évoluer.
Traverser une transition familiale ou professionnelle.
On continue…
mais autrement.
Et même lorsque tout semble bien aller,
il peut demeurer une forme de solitude.
Comme si quelque chose cherchait encore sa place en nous.
La foi ne supprime pas ces passages.
Mais elle nous apprend à reconnaître autre chose :
une présence discrète,
une paix qui revient doucement,
une force tranquille qui nous aide à avancer.
Pas quelque chose de spectaculaire.
Mais quelque chose de profondément réel.
D’une certaine manière, c’est ce qu’illustre le tableau de Johannes Vermeer, Le Christ dans la maison de Marthe et Marie, peint vers 1655 et conservé à la National Gallery of Scotland à Édimbourg.
Le Christ y est présent.
Discret.
Presque en retrait.
Et pourtant, toute la lumière converge vers lui.
Comme une présence qui ne s’impose pas…
mais qui éclaire tout.
Peut-être est-ce ainsi que le Ressuscité choisit d’agir dans nos vies.
Non pas en prenant toute la place,
mais en demeurant doucement au cœur de ce que nous vivons.
Et si, cette semaine,
il s’agissait simplement de reconnaître
qu’il est déjà là…
Présence bienveillante au cœur de nos vies.
Et d’accueillir, doucement,
cette réalité nouvelle qui demeure en nous.
Bonne montée vers la Pentecôte!
Claude Pigeon