Quand le souffle revient
Il y a des périodes de notre vie
où l’on ferme un peu les portes en dedans.
Par fatigue.
Par peur.
Ou simplement parce que le souffle manque.
Et peu à peu,
quelque chose en nous devient plus lourd,
plus silencieux.
« La paix soit avec vous. » (Jn 20, 19-23)
Dans l’Évangile de la Pentecôte,
les disciples sont enfermés derrière des portes closes.
Ils ont peur.
Et c’est précisément là
que le Ressuscité vient les rejoindre.
Il ne force pas les portes.
Il ne leur reproche pas leur fragilité.
Il souffle sur eux.
Comme au premier matin du monde,
quelque chose recommence à vivre.
Nous connaissons tous,
à certains moments,
ces espaces fermés en nous :
une inquiétude persistante,
une fatigue intérieure,
une blessure,
une difficulté à espérer
ou simplement à avancer.
Et souvent,
nous pensons qu’il faudrait d’abord aller mieux
avant que Dieu puisse agir.
Mais l’Évangile raconte exactement l’inverse.
Le Christ vient précisément
là où c’est fermé.
Cette réalité est magnifiquement évoquée dans La Pentecôte de He Qi, peint vers 2001.
He Qi, artiste chrétien chinois contemporain,
utilise des couleurs vibrantes
et des formes en mouvement
qui donnent l’impression d’un souffle traversant toute la scène.
Les rouges,
les oranges
et les bleus
semblent vibrer.
Les visages sont tournés vers la lumière.
Les flammes deviennent mouvement.
Tout dans ce tableau évoque une ouverture intérieure :
comme une maison restée fermée trop longtemps
où l’on entrouvre enfin les fenêtres.
L’air circule de nouveau.
La lumière entre.
Peut-être que l’Esprit agit souvent ainsi dans nos vies.
Sans fracas.
Mais comme un souffle discret
qui remet de la lumière,
du mouvement
et un peu d’espérance.
Et si, cette semaine,
au cœur de ce printemps qui renaît doucement,
nous étions invités à entrouvrir un peu notre fenêtre intérieure…
pour laisser entrer davantage
de ce souffle
et de cette vie
que le Ressuscité vient encore nous offrir ?
Bonne Pentecôte!
Claude Pigeon, prêtre