Claude Pigeon, prêtre
03 Apr
03Apr

L'amour va jusqu'au bout.

Évangile du Vendredi saint — Jean 18, 1 - 19, 42

Le Vendredi saint nous conduit au cœur du mystère chrétien.
Nous nous tenons devant la croix sans chercher d’abord à comprendre, mais à accueillir ce qui se révèle : un amour qui ne recule pas devant la souffrance humaine, un Dieu qui choisit de demeurer présent là où nous aurions peut-être cessé d’espérer.

Devant la croix, il n’y a pas d’explication facile.
Il n’y a pas de réponse rapide capable d’effacer le poids du mal, de la violence ou de l’injustice qui traversent l’histoire humaine et nos propres vies.

Il y a plutôt une présence.

Une présence fidèle, silencieuse, qui ne se retire pas lorsque la nuit tombe.
Un Dieu qui ne reste pas à distance de la souffrance humaine, mais qui la traverse avec nous.

En Jésus crucifié, Dieu ne supprime pas la fragilité du monde : il l’habite.
Il rejoint l’expérience très concrète de nos peurs, de nos blessures, de nos découragements, de nos questions sans réponse.

La croix ne glorifie pas la souffrance.
Elle révèle que rien de ce que nous vivons n’est étranger à Dieu.

Aujourd’hui, nous pouvons déposer devant la croix ce qui nous habite :
nos inquiétudes, nos fatigues, nos deuils, nos blessures visibles et invisibles, notre espérance parfois fragile.

Nous n’avons pas toujours les mots pour prier en ce jour.
Mais nous pouvons rester là, simplement.

Car le Vendredi saint nous apprend que le silence peut aussi devenir un acte de foi.

Dans ce silence, quelque chose se prépare déjà.
Quelque chose que nous ne voyons pas encore, mais qui travaille le cœur du monde.

Car toute nuit traversée dans l’espérance voit déjà naître le jour.

Bonne montée pascale,

Claude

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