Claude Pigeon, prêtre
04 Apr
04Apr

Le grand silence

Entre la mort et la vie,
entre la croix et la lumière,
l’Église fait silence.

Le Samedi saint est un jour dépouillé.
Les autels sont nus.
Les paroles sont suspendues.
Rien ne semble se passer.

Le Christ repose au tombeau.

Et pourtant, la tradition chrétienne contemple ce mystère autrement qu’une simple attente.
Elle confesse que le Christ descend aux enfers, c’est-à-dire qu’il rejoint l’humanité jusque dans ses profondeurs les plus obscures, là où l’espérance semblait impossible.

Les icônes orientales représentent ce moment avec force:
le Christ brise les portes du séjour des morts, saisit Adam et Ève par la main et les relève.
Avec eux, il vient chercher toute l’humanité qui attendait la vie depuis l’origine.

Rien n’est laissé à l’abandon.
Aucune nuit n’est trop profonde.
Aucune blessure n’est hors de portée.

Le grand silence du Samedi saint n’est pas un vide.
Il est un passage.

Quelque chose travaille déjà le monde en secret.
L’amour poursuit son œuvre, au-delà de ce que nous pouvons voir.

Ce jour nous apprend une espérance humble :
lorsque tout semble fermé, Dieu continue d’ouvrir des chemins.

Lorsque tout semble terminé, Dieu prépare déjà la vie.

Nous aussi, il vient nous rejoindre dans nos zones d’ombre, nos attentes, nos fatigues, nos deuils, nos questions sans réponse.

Et il nous prend par la main.

Car même au cœur du silence,
Dieu n’abandonne jamais l’être humain.

La Résurrection est proche.

Bonne veille pascale!

Claude

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